English

Virginie Messina

Gabriele Carrozzini, The Metamorphoses of Ovid

Pierre, Paul, Giacomo, three drawings on tracing paper, mark the beginning of a series created by Gabriele Carrozzini.

Like a collection of mythological stories, the randomly superimposed lines gradually reveal symbolic metamorphoses, more or less perceptible. Forms emerge through play and experimentation.

The drawings of the Italo-Swiss artist—intuitive and fragmented—draw on multiple references as well as on his imagination. Transparency and juxtaposition allow for infinite combinations and dialogues between lines.

The work appears, almost magically…

Among the drawings, one can discern a kind of revisited still life with grotesque proportions, where a bunch of grapes with bloodshot eyes recalls the glassy gaze of Caravaggio’s Young Sick Bacchus.

The salamander, playful on one side and disturbed on the other, evokes the intoxication of our states of mind.

Like an irreverent heir to Duchamp’s L.H.O.O.Q., Carrozzini reinterprets Leonardo’s iconic image within another drawing, adding a Spanish-style moustache—somewhere between Dalí and the robbers of La Casa de Papel.

We can also identify a satyr playing the trumpet, riding a firecracker that heats up…

Carrozzini sometimes plays with models from art history, referencing them more or less explicitly depending on the part of the work one chooses to observe.

Executed exclusively in black pencil and ink pen, the drawings continuously vibrate through a tumult of abstract motifs and their juxtapositions.

The compositions remain carefully constructed among the hundreds of drawings accumulated during the creative process.

Through endless experimentation, the effect appears both vertiginous and blurred.

Black-and-white drawing—classical and timeless—takes on, in Carrozzini’s work, tones of Bacchanalian energy.

The festive and orgiastic atmosphere, with references sometimes noble, sometimes absurd, entertains and enchants.


Français

Virginie Messina

Gabriele Carrozzini, Les Métamorphoses d’Ovide

Pierre, Paul, Giacomo, trois dessins sur papier calque, marquent le début d’une série créée par Gabriele Carrozzini.

À la manière d’un recueil de récits mythologiques, les lignes superposées de façon aléatoire révèlent progressivement des métamorphoses symboliques, plus ou moins perceptibles. Les formes émergent à travers le jeu et l’expérimentation.

Le dessin de l’artiste italo-suisse — intuitif et fragmenté — puise dans de multiples références autant que dans son imagination. La transparence et la juxtaposition permettent une infinité de combinaisons et de dialogues entre les lignes.

L’œuvre apparaît, presque comme par magie…

Parmi les dessins, on distingue une sorte de nature morte revisitée aux proportions grotesques, où une grappe de raisin aux yeux injectés de sang rappelle le regard vitreux du Jeune Bacchus malade du Caravage.

La salamandre, ludique d’un côté et troublée de l’autre, évoque l’ivresse de nos états d’âme.

Tel un héritier irrévérencieux du L.H.O.O.Q. de Duchamp, Carrozzini réinterprète l’image iconique de Léonard de Vinci au sein d’un autre dessin, lui ajoutant une moustache à l’espagnole — quelque part entre Dalí et les braqueurs de La Casa de Papel.

On peut également identifier un satyre jouant de la trompette, chevauchant un pétard qui s’échauffe…

Carrozzini joue parfois avec des modèles issus de l’histoire de l’art, auxquels il fait référence de manière plus ou moins explicite selon la partie de l’œuvre que l’on choisit d’observer.

Exécutés exclusivement au crayon noir et au stylo à encre, les dessins vibrent continuellement dans un tumulte de motifs abstraits et de juxtapositions.

Les compositions demeurent soigneusement construites parmi les centaines de dessins accumulés au cours du processus créatif.

À travers une expérimentation sans fin, l’effet apparaît à la fois vertigineux et brouillé.

Le dessin en noir et blanc — classique et intemporel — prend, dans l’œuvre de Carrozzini, des accents d’énergie bacchanale. L’atmosphère festive et orgiaque, nourrie de références tantôt nobles, tantôt absurdes, divertit et enchante.

Texte de Virginie Messina


ภาษาไทย (Thai)

Gabriel Carrozzini

Sans titre - Diptyque, 2026, Crayon gris sur papier, 2 x (90 X 70) cm
Sans-titre, 2026, Crayon gris sur papier, 2 X ( 90 x 70 ) cm