DESSINS DE LA NUIT
La Pinacothèque 2009
Dessins de la nuit develops from an almost elementary vocabulary: charcoal, paper, blackness, surface and horizon.
Made principally with compressed charcoal, the works push drawing toward an extreme density. The charcoal is no longer used primarily to describe objects or construct outlines. It accumulates across the paper until the surface itself becomes a field of darkness.
Compressed charcoal is particularly significant here. Its physical density allows deeper, more compact blacks than natural vine charcoal, while the particles remain visibly connected to the texture of the paper. In these works, black is therefore not simply a colour. It becomes matter.
From a distance, several of the drawings initially appear almost monochrome. As the eye adjusts, however, differences begin to emerge: variations of density, horizontal divisions, traces of gesture, areas where charcoal catches the surface differently. Darkness gradually reveals an internal structure.
This slow emergence is fundamental to Dessins de la nuit. The image is not immediately given to the viewer; it must be searched for.
In some works, a horizontal division appears within the black field. In others, the surface is divided into panels — diptych, triptych or quadriptych — allowing darkness to continue across physical separations. The horizon becomes less the representation of a landscape than the minimal indication from which the idea of landscape can arise.
Dessins de la nuit, 2009 — Pinacothèque, Geneva
Virtual reconstruction of the exhibition space and installation based on the artist’s recollection and original artwork dimensions.
Reconstruction developed by Siripoj Chamroenvidhya with the assistance of ChatGPT (GPT-5.6), 2026.
Dessins de la nuit
« Ils sont célestes les yeux
que la Nuit a ouvert en nous. »
Novalis, Hymnes à la nuit
C’est bien de l’Ouvert qu’il s’agit : dès le premier regard, les dessins de Siripoj Chamroenvidhya nous invitent à une promenade dans la nuit qui nous emmène au plus près de nous-mêmes.
C’est de la matière même du fusain que surgissent les étoiles, scintillement jailli de la densité du noir, lumière qui fait irruption du papier lui-même dans l’obscurité veloutée du dessin. La nuit est douce dans les dessins de Siripoj, mais elle est aussi exigeante : elle nous questionne sur notre présence dans l’être au monde, elle fait basculer nos repères tout en maintenant notre rapport au réel : où finit la terre et où commence le ciel ? Sommes-nous près d’un corps ou près des étoiles ? Ces corps célestes sont-ils une perception sensorielle pure de la matière du dessin ou sont-ils produits par notre imagination qui en fait une interprétation consciente ? Impossible de le dire, car le travail de Siripoj ne sépare pas le sensible et l’intelligible. Il est « 1) en rapport à un mystère au cœur de la matière », il « dissout la distance entre matière et pensée et se met à l’écoute. » Son œuvre est de l’ordre de la pensée en tant que processus multiple et entier.
« 2) Derrière les masques que nous inventons, il y a la nuit, et cette nuit nous parle dans une langue que nous n’avons pas encore reconstituée. » Les dessins de Siripoj parlent, et c’est pour nous emmener dans l’exploration d’un espace où il n’y a plus ni intérieur ni extérieur, dans un mystère cosmique extrêmement généreux, ouvert à quiconque se laisse toucher par ce surgissement de texture. Il crée l’atmosphère où le mystère peut faire irruption. Il nous offre la possibilité d’écouter avec les yeux le secret très personnel dont nous parle la nuit.
Marie Dominique Kessler, mai 2009
1) Fabrice Midal, Petit traité de la modernité dans l’art
2) Alain Jouffroy, Une révolution du regard
Dessin de la Nuit " quadriptych - 2009, - Compressed charcoal on paper, 4 x (70 x 100) cm
Detail *1 Moon - Dessin de la Nuit " 2009, - Compressed charcoal on paper, 3 x (70 x 50) cm
Detail *2 Moon - Dessin de la Nuit " 2009, - Compressed charcoal on paper, 3 x (70 x 50) cm
Detail *3 Moon - Dessin de la Nuit " 2009, - Compressed charcoal on paper, 3 x (70 x 50) cm
Dessin de la Nuit, 2009, Compressed charcoal on paper ~300 g/m2, each (framed) ; 72 × 152 cm , overall (triptych) ; 72 × 486 cm